Le déficit public se creuse depuis un demi-siècle. Mais cela doit-il être notre priorité politique ? Non !
Oui, nous avons clairement un grave problème de déficit public : environ 150 milliards d’euros en 2025…

1) Les finances publiques sont de moins en moins maîtrisées.
– Années 1960 : équilibre
– Années 1980 : déficit moyen de 2,4 % du PIB.
– Années 2000 : déficit moyen de 3,4 %.
– 10 dernières années : déficit moyen de 4,8 %…
2) La remontée des taux d’intérêt risque de nous coûter de plus en plus cher, et donc de réduire encore nos marges de manœuvre budgétaire.

Ce déficit public grandissant (couplé à la stagnation du pouvoir d’achat, à l’affaiblissement de la croissance et aux tensions internationales) révèle une crise profonde de notre modèle de société.
Alors, pourquoi ne pas en faire LA priorité politique ? Parce qu’il y a une autre urgence. Laquelle ? Lancer des investissements massifs !
Face aux défis du XXIe siècle, nous avons besoin d’investir pour préparer l’avenir.
– Défense : autour de 30 milliards d’euros par an (1 point de PIB).
– Relocalisation : 20 milliards d’euros par an (voir les évaluations d’Olivier Lluansi), sans compter l’investissement privé.
– Transition écologique : entre 25 et 34 milliards d’euros d’argent public par an (rapport Pisani-Ferry et Mahfouz).
– Rattrapage technologique : l’intelligence artificielle seule demanderait 10 milliards d’euros par an (public et privé, rapport Rexecode).
– Sans compter l’éducation, la recherche, la justice, etc.
Nous n’avons donc pas seulement un déficit de 150 milliards d’euros à réduire. Nous avons aussi des besoins d’investissements publics de l’ordre de 100 milliards d’euros par an !
Cela fait longtemps que les gouvernants se concentrent sur le déficit. Résultat ? Un échec. Et un sous-investissement qui va finir par nous coûter très cher.
Il faut changer l’ordre des priorités. Investir dès maintenant massivement dans l’avenir (défense, relocalisation, technologies, transition, éducation). Puis, dans un deuxième temps, grâce à l’activité créée (emplois, recettes fiscales, moindre besoin de transferts), réduire le déficit.
1) Cette priorité donnée à l’investissement pourrait davantage rassurer les créanciers qu’une absence d’horizon.
2) Un grand effort d’investissement aiderait à nous redonner confiance dans notre propre avenir. Car ce qui nous démoralise, c’est l’idée d’une France irrémédiablement vouée au déclin !
Ne le cachons pas, il s’agit bien là d’un effort collectif exigeant. Le déficit est trop important pour l’aggraver encore. Aussi, trouver les 100 milliards d’euros par an dont nous avons besoin suppose-t-il une rupture, avec un nouvel arbitrage entre consommation et investissement. Voilà un programme que le personnel politique ne porte pas encore aujourd’hui. Il reste que je suis convaincu que c’est celui dont nous avons besoin !